Ensemble Ardito

 

Chansons populaires savantes

 

 «  Et chantons en chœur…

le pays romand », bien sûr, grâce à Carlo Hemmerling et Robert Mermoud dont on vient de fêter le centième anniversaire de la naissance,  mais aussi d’autres lieux et d’autres temps. Quoi de plus stimulant qu’un tel voyage riche en découvertes, il est vrai, mais qui exige aussi une grande vigilance ? Il importe en effet de comprendre et d’exécuter correctement chacune de ces musiques si diverses. Bien mettre en valeur tant de trouvailles mélodiques, rythmiques et harmoniques requiert une attention de tous les instants.

…a cappella…

c’est-à-dire comme à la chapelle Sixtine où l’usage voulait que l’on chantât sans le soutien ou la concurrence des instruments. Une sorte de do it yourself musical, en somme, qui exige du choriste une écoute attentive et de chaque registre une bonne fusion. On se sent seul, au sens de la responsabilité individuelle, et riche de la présence des autres, sans qui la musique ne naîtrait pas.

… des chants populaires et savants…

nés en terre francophone et qui parlent de nature, d’amour, bien sûr, qui osent parfois la parodie, chez Gounod, Ravel et Hemmerling, par exemple ; qui nous ramènent aux alentours de 1530 avec Le chant des oyseaux, de Clément Janequin, pièce musicale rapidement appréciée dans l’Europe entière, et Pilons l’orge, de Claudin Sermisy, chœur assez convaincant pour que Francis Poulenc le reprenne à sa manière en 1945.

...sans oublier de mettre en valeur les paroles. »

Pour le compositeur, trouver les textes qui permettront à sa musique de s’épanouir peut devenir un casse-tête, à moins, comme le fait Ravel, qu’il ne se résolve à les écrire lui-même, et cela donne alors un résultat éclatant, d’une exubérance que l’on peut espérer communicative. Gounod a eu la tâche aisée en choisissant La cigale et la fourmi, fable d’un des orfèvres de la langue française. Claude Debussy avait mis en musique des poèmes contemporains, mais il ne résista pas au plaisir d’orner trois chansons de Charles d’Orléans, captif durant vingt-cinq ans en Angleterre après avoir été pris lors de la débâcle d’Azincourt, grand seigneur, homme de guerre à l’occasion, mais surtout poète éloquent et raffiné.

En 1950, lors de la Fête cantonale des chanteurs vaudois, le chœur imposé s’intitule Don Quichotte et Sancho Pança ; la musique, d’une verve étourdissante, est de Carlo Hemmerling très inspiré sans doute par les paroles de M. Cruchon-Meylan, riches en aspérités et en outrances narquoises, très fidèles donc à l’esprit de Cervantès.

 

Le chœur Ardito

En 1978, Claire-Lise Kunz fonde un chœur qu’elle dirigera pendant vingt-quatre ans et qui choisira le nom d’Ardito, titre d’un madrigal de Giovanni Giacomo Gastoldi (vers 1555 – 1609). Deux répertoires sont privilégiés : les chefs-d’œuvre baroques et les œuvres romantiques. Les concerts se succèdent ; le chœur Ardito participe aux Concerts Bach de Lutry, aux Schubertiades de Bulle, Sion et Lausanne ; il se produit dans les abbayes de Romainmôtier, Bonmont et Cluny.

En 2003, la direction est reprise pour deux ans par deux jeunes chefs : Dominique Tille et Nicolas Reymond qui restera seul à la tête de l’ensemble dès 2005, année où il dirigera Nicolas de Fluë, oratorio d’Arthur Honegger, plusieurs chœurs s’étant joints à Ardito pour l’occasion.

Ardito fusionne en 2007 avec le groupe vocal Ars Laeta, fondé en 1971 par Robert Mermoud à qui ont succédé André Ducret, Laurent Gay, Yves Bugnon et Marc Bochud. La grande proximité des répertoires explorés et, surtout, des objectifs choraux poursuivis rend la démarche aisée.

Ainsi régénéré, le chœur Ardito a pu aborder les œuvres aussi exigeantes que la Petite Messe solennelle de Rossini et la Passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach. A l’occasion de ses trente ans, il a choisi un florilège de Magnificats de compositeurs baroques et contemporains.

A Pâques 2010, sous la direction de Nicolas Reymond et Romain Mayor, 4 chœurs dont l’Ardito donnent en la Cathédrale de Lausanne l’oratorio Golgotha de Frank Martin dans le cadre d’un événement culturel majeur « La Passion au croisement des regards ». Cette expérience inoubliable sera renouvelée en 2014…

Le dernier concert de l’Ardito en juin dernier lui a fait puiser dans le répertoire classique, peu abordé jusque là, avec le Requiem de Michael Haydn ainsi que la Messe du Couronnement de Mozart.

 

Nicolas Reymond, direction

Né en 1978, Nicolas Reymond est titulaire d'un diplôme de maître de musique et de mathématiques de la Haute Ecole Pédagogique vaudoise. En 2003, il obtient le diplôme professionnel de direction de choeur dans la classe de Michel Corboz au conservatoire de Genève.

À ses connaissances en direction, Nicolas Reymond ajoute d'autres en technique vocale qu'il a étudiée aux Conservatoires de Lausanne et Genève, et pratiquée dans divers ensembles vocaux comme ténor.

Il dirige actuellement les choeurs Ardito, l'Union chorale de La Tour-de-Peilz et l'ensemble Sobalte. Professeur de direction de chœur et membre du comité de l'Association vaudoise des directeurs de choeur (AVDC), il est également responsable pédagogique de la filière « Musique à l’école » à la Haute Ecole de Musique VD et FR et répondant du domaine « Musique » à la Direction générale de l'enseignement obligatoire du canton de vaud (DGEO).

Il continue en outre d’enseigner la musique et les mathématiques au collège secondaire de Vevey.